Colloque santé intégrative 2017


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Intégrer les approches traditionnelles et complémentaires

Le cancer, le diabète, la haute pression artérielle, les problèmes intestinaux, voire l’arthrite, l’arthrose et bien d’autres maladies sont directement liées au mode de vie. Or, la médecine telle que pratiquée en Occident est peu axée sur la prévention et elle est même souvent impuissante à guérir ces maladies. D’où l’intérêt grandissant pour la santé intégrative chez de nombreux professionnels de la santé, mais aussi chez les patients.

Cet intérêt, il était manifeste au colloque sur la santé intégrative qui s’est tenu le 10 mai dernier, à l’Université de Montréal. À preuve, alors qu’on prévoyait au départ quelque 150 participants, 300 personnes, en majorité des infirmières, des médecins et autres professionnels de la santé, s’y sont inscrites. Le colloque a été organisé par la Faculté de l’éducation permanente (FEP), en particulier par Mme Chantal Lévesque, la responsable du Certificat en santé communautaire, en collaboration avec l’AGEEFEP, l’association étudiante de la FEP.

Le concept de santé intégrative est relativement simple. Sans nier l’importance de la médecine, la santé intégrative prône l’interdisciplinarité et le pluralisme thérapeutique, en plaçant le patient au centre de la démarche de guérison. Les outils disponibles sont fort nombreux, dont au premier chef un régime alimentaire antiinflammatoire, où les légumes jouent un rôle crucial alors que sont bannis, entre autres, le gluten, le sucre, les produits laitiers, la cuisson des viandes à haute température et tous les aliments industriels. L’exercice physique est également primordial. À titre d’exemple, le médecin de famille Jean Drouin prescrit à ses patients atteints d’un problème cardiaque de marcher 10 000 pas par jour, trois jours par semaine.

Selon Mme Judith M. Fouladbakhsh, professeure et chercheure à la Faculté des sciences infirmières de Wayne State University et Oakland University, l’Organisation mondiale de la santé a répertorié plus de 400 approches en santé intégrative qui font appel à une panoplie de pratiques, dont la médecine chinoise traditionnelle, la médecine ayurvédique indienne, toutes deux vieilles de plusieurs milliers d’années, la chiropractie, l’ostéopathie, la massothérapie, le yoga, la réflexologie, le tai chi, la méditation, l’aromathérapie et combien d’autres encore.

Si un certain nombre de professionnels de la santé ne doutent pas de la pertinence de la santé intégrative, dont ils ont constaté les bienfaits chez les patients, d’autres sont plus sceptiques. Mme Fouladbakshs souligne à ce propos que de nombreuses études sont en cours aux États-Unis pour en approfondir les fondements scientifiques.

Certains patients, eux, ne doutent pas, car ils ont fait l’expérience de ses bénéfices, parfois spectaculaires. C’est le cas de Mme Jacqueline Lagacé, professeure-chercheure en immunologie et en bactériologie à l’Université de Montréal, aujourd’hui retraitée, de M. Philippe Devienne, un chef cuisinier et chasseur d’épices qui a eu un diagnostic de sclérose en plaques, ainsi que de Mme Rose Marie Tiklé, une professionnelle de l’industrie pharmaceutique.

Ces trois personnes ont souffert de maladies inflammatoires provoquant une vive douleur que la médecine n’arrivait pas à traiter. Toutes trois ont retrouvé une vie normale en adoptant un régime alimentaire antiinflammatoire strict. M. Philippe Devienne, a d’ailleurs concocté le dîner servi aux participants, un dîner conforme aux meilleures pratiques en la matière qui avait une autre vertu : il était succulent. La morale de cette histoire est évidente : il est possible de se nourrir pour favoriser sa santé sans renoncer aux plaisirs de la table.