La course actuelle au rectorat


La course actuelle au rectorat : un net recul pour la démocratie et la transparence à l’Université de Montréal.

Le rectorat peut nous paraître lointain. On ne rencontre pas le recteur souvent et on peut légitimement ne pas savoir en quoi consiste sa fonction. Celle-ci est toutefois importante. Le recteur est le premier officier de l’Université de Montréal. C’est lui qui nomme l’équipe de direction, qui détermine en grande partie le fonctionnement de l’UdeM. C’est lui qui représente l’Université dans les instances publiques, tant politiques que scientifiques.

Le mode de nomination d’un recteur doit inspirer confiance. Dans le monde universitaire, la confiance repose sur l’implication directe et soutenue de la communauté universitaire (professeurs, chargés de cours, étudiants, employés). Cela s’appelle la collégialité. Elle a une grande valeur pour les universitaires. Pour qu’un recteur soit crédible, il faut que la communauté ait participé authentiquement à sa sélection. 

Un nouveau processus a été imposé pour la présente course au rectorat. Ce processus inspire la méfiance plutôt que la confiance. Jusqu’en 2019, la participation de la communauté universitaire était significative. En 2019, elle est maintenant plus que limitée.

Avant 2019:

  • Les candidatures au rectorat étaient publiques.
  • Les personnes candidates présentaient leur programme et échangeaient avec la communauté.
  • La communauté universitaire pouvait s’exprimer sur les personnes candidates dans des audiences publiques d’un comité de sélection.
  • L’Assemblée universitaire tenait un vote consultatif.

En 2019 :

  • Des personnes candidates peuvent choisir de ne pas révéler leur candidature.
  • La communauté universitaire ne connaîtra pas les programmes des personnes candidates et il n’y aura pas de période d’échange.
  • La communauté universitaire ne pourra plus s’exprimer sur les personnes candidates dans des audiences publiques d’un comité de sélection puisque certaines ou toutes seront secrètes.
  • Aucun vote consultatif ne sera tenu à l’Assemblée universitaire.

Le nouveau processus de nomination au rectorat est opaque, secret et anti-collégial. Il témoigne d’un manque de respect à l’égard de la communauté universitaire. Ce processus ne cadre pas avec notre définition de la démocratie et de la collégialité à l’UdeM.

L’Assemblée universitaire, formée de plus de 100 personnes représentant les professeurs, les étudiants, les chargés de cours, les employés et la direction, a demandé un processus ouvert et collégial. Toutefois, le Conseil de l’université, formé de 23 personnes majoritairement externes, a refusé et a imposé ce nouveau processus, qui ressemble plus à la nomination d’un patron ou une patronne qu’un recteur ou une rectrice.

Faites entendre votre mécontentement en faisant parvenir un courriel au chancelier de l’Université de Montréal et président du Conseil, M. Louis Roquet (louis.roquet@umontreal.ca), en incluant le secrétaire général M. Alexandre Chabot (alexandre.chabot@umontreal.ca).

Vous trouverez ici un exemple de courriel:

Louis Roquet,

Je souhaite vous faire part de mon profond désaccord face à l’actuel processus de nomination pour le rectorat de l’Université de Montréal.

Par souci de transparence et de respect de la communauté universitaire, je réclame que la liste complète des candidats et candidates soit rendue publique.

De plus, je réclame le retour du vote indicatif à l’Assemblée universitaire, et je demande au Conseil de l’Université de lui accorder la plus haute importance.