Réflexions sur l’éducation


L’éducation est une source inépuisable de réflexion et de débat : la conception qu’on s’en fait et la manière dont on la pratique évoluent au rythme des transformations sociales. Au fil des ans, Cité éducative, la revue de l’AGEEFEP, a eu l’occasion de rencontrer bon nombre de personnes qui ont beaucoup réfléchi à la question et dont les points de vue sont particulièrement pertinents. Les propos que tiennent ces penseurs sont certainement de nature à nourrir la réflexion critique.

Entrevues :

Jean-Claude Bernheim
criminologue et chargé de cours à la Faculté de l’éducation permanente

Jean-Claude Bernheim est professeur à temps partiel à l’Université d’Ottawa et chargé de cours à la Faculté de l’éducation permanente. C’est aussi un citoyen engagé et un personnage parfois controversé, notamment comme porte-parole de l’Office des droits des détenus depuis 25 ans, et un sévère critique du système carcéral canadien.

Harold D. Stolovitch
professeur titulaire et responsable du programme de technologie éducationnelle à l’Université de Montréal

On demande à l’école d’instruire les enfants, mais aussi de jouer un peu le rôle de la famille, un peu le rôle de l’Église. Or, elle n’est pas organisée pour ça. Les problèmes de l’école contemporaine tiennent beaucoup à la diversité des besoins dans notre société.

Gabriel La Rocque
professeur au Département de technologie éducative de l’Université de Montréal

L’école est inefficace parce que trop bavarde et ignorante de la nature même de la connaissance

André Morin
pédagogue et professeur titulaire en Technologie éducationnelle à l’Université de Montréal

S’il se réincarnait aujourd’hui, Socrate serait peut-être un adepte de la pédagogie ouverte et de la recherche-action.

Gaétan Daoust
professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal

Exclusivement centrée sur sa fonction utilitaire et professionnelle, l’université d’aujourd’hui est un lieu anticulturel, voire un antre de barbares.

Réflexions sur l’éducation :

L’autodidaxie

À toutes les époques, dans toutes les classes de la société, ils ont existé. Aujourd’hui, les associations culturelles, clubs de loisirs et groupes d’action sociale en fourmillent. Ce sont les autodidactes, ceux qui apprennent par eux-mêmes. Ne les imaginez pas comme des ermites penchés à longueur de journée sur de gros livres. Leur originalité se trouve plutôt dans la façon dont ils apprennent.

Jalons de l’histoire de l’éducation des adultes au Québec

« L’histoire de l’éducation des adultes aura été et demeure l’histoire de la conquête par les adultes du droit à apprendre, du droit à contribuer efficacement à la croissance économique, du droit à la qualité de vie, du droit à la dignité. L’histoire de l’éducation des adultes est une histoire en marche, certes incertaine et combien inachevée, mais nettement positive. »

Le mouvement étudiant québécois bénéficie d’une loi unique au monde

Par l’importance des droits qu’elle accorde aux regroupements étudiants, la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves ou d’étudiants n’a pas d’équivalent dans les autres provinces canadiennes; à notre connaissance, elle est même unique au monde.

L’objet, son signe et le néant

La société actuelle, en plus de rejeter les choses de l’esprit qui ne sont pas directement liées à une pratique professionnelle, rejette aussi ceux et celles qui s’y intéressent.

L’étudiant classique est minoritaire dans l’université d’aujourd’hui

La communauté étudiante d’aujourd’hui est plus éclatée que jamais, au point où l’étudiant « classique » et « semi-classique », celui qui consacre la plus grande partie de son temps aux études, ne représentait plus que 36,6 % de tout l’effectif étudiant de l’ensemble des universités québécoises.