Retour sur la conférence : Mode de scrutin et démocratie inclusive au Québec


Le 6 février dernier, l’AGEEFEP organisait, dans le cadre de la semaine interculturelle de l’Université de Montréal, une conférence sur le thème « Quel mode de scrutin pour une démocratie inclusive au Québec ? ».

Cet événement a permis, grâce aux nombreux échanges entre les participants et le panel de conférenciers issus de la société civile et du monde de la recherche universitaire, de lever le voile sur les interrogations qui peuvent encore subsister quant aux mécanismes d’une démocratie plus représentative des minorités au Québec.

Dans son propos introductif, l’animateur de la conférence a brossé une courte description de la société québécoise multiculturelle qui semble avoir toutes les peines du monde à offrir une plus grande représentativité politique à ses citoyens issus des diversités ethnoculturelles. C’est sur cet enjeu que les conférenciers ont été invités à répondre selon leur domaine d’expertise.

Le président sortant du Mouvement Démocratie Nouvelle, M. Jean-Sébastien Dufresne, défend activement la mise en œuvre d’un mode de scrutin proportionnel pour, dit-il, « s’inspirer des meilleures pratiques dans le monde ». Sa solution permettrait aux partis politiques d’obtenir « les proportions de pouvoir qui correspondent aux proportions de votes qu’ils ont obtenues ». Selon lui, il serait ainsi plus facile de « faire des compromis, de concilier et finalement de prendre des décisions qui rejoignent l’intérêt de l’ensemble de la population ». M. Dufresne a également rappelé l’importance des campagnes d’éducation et de mobilisation populaires sur ces enjeux qui permettent de faire pression sur les pouvoirs publics, et favorisent une plus grande représentation politique des minorités ethnoculturelles du Québec.

Mme Myrlande Pierre, sociologue et chercheure à l’UQAM et spécialiste des problématiques liées à l’immigration, la citoyenneté et aux questions de discrimination systémique, a insisté sur les problématiques entourant la faible inclusion des minorités ethnoculturelles dans le fonctionnement démocratique au Québec. En rappelant que les « éléments constitutifs de l’identité québécoise et canadienne » trouvent leurs racines dans « cette diversité », elle a mis l’accent sur les revendications d’égalité de chances et de traitement des « femmes issues des minorités ethnoculturelles et racisées ». En rappelant que ces groupes font « face à des obstacles systémiques limitant leur accès à la représentation politique », Mme Pierre a réaffirmé l’insistante nécessité de les prendre en compte afin « d’oeuvrer à moderniser, sinon à légitimer notre démocratie, en examinant à nouveau ce qui constitue les fondements d’une société juste et équitable ».

Pour sa part, Mme Seguin-Lamarche, directrice des communications et affaires publiques à l’Institut du Nouveau Monde, nous a éclairé sur le déséquilibre paritaire et l’insuffisance de leadership féminin dans les lieux de pouvoir au Québec. Elle a reconnu, d’entrée de jeu que « les défis sont aussi nombreux que les iniquités ». Pour elle, l’éducation civique reste la clé pour « accepter une parité naturelle », y compris au sein des milieux politiques et décisionnels. Concluant la rencontre, Mme Seguin-Lamarche a martelé la nécessité d’une « éducation civique des jeunes qui serait plus ouverte vers les autres ».

La rencontre s’est achevée sur une note conviviale, autour d’un goûter à La Brunante où la gagnante du tirage au sort, Charlotte, a reçu l’ouvrage dédicacé de Pascal Navarro « Les femmes en politique changent-elles le monde ? ».

 

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